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  • Photo du rédacteurMarie-Line Musset

Spice Boys 🍴🍴🍴

Popy Z. Brite – La Belle rouge – Casterman - 2005


Après le triomphe de leur restaurant à la Nouvelle Orléans qui portait fièrement les couleurs de la cuisine cajun, Rickey et G-Man vont vivre de nouvelles aventures au Texas. Tout semble aller comme sur des roulettes pour notre duo de chefs qui fait des jaloux... Le pouvoir de la critique culinaire va faire des dégâts....

Heureusement, Rickey se voit proposer une opportunité en or massif : consultant dans un restaurant à Dallas. Sa mission : créer une nouvelle carte et surtout redonner de l'allant au chef cuistot qui semble avoir un gros coup de mou. Seul hic de cette offre très alléchante, le retour d'un ex plutôt encombrant.


Encore une fois, nos deux chefs vont très rapidement s'attirer des ennuis et même si certaines ficelles sont un peu grosses, l'humour un peu graveleux, on a terriblement envie de connaître la suite des aventures de nos amoureux. Les dialogues sont savoureux, l'intrigue pleine de rebondissements, on s'amuse beaucoup ! L'envers du décor d'un restaurant est très réaliste. C'est épicé comme le  jambalaya et délicieusement foldingue.

La trilogie est désormais disponible en poche, dans l'ordre : Alcools, La belle Rouge, Soul Kitchen. Une cuite sans gueule de bois, ça se tente n'est-ce pas ?


Extrait :

Certes, le menu, plutôt ambitieux, témoigne d’une certaine verve et d’un talent pur. Tout comme les croûtes perpétrées par Michel-Ange pendant sa jeunesse, mais celles-ci

ne sont pas entrées au Louvre, à ce que je sache ?

Je dois avouer que les repas que j’ai pris chez Alcool étaient bien préparés et plutôt agréables en bouche. Le hic ne réside pas dans l’exécution mais dans la

conception. Un an après son inauguration, Alcool s’est vu décerner le prestigieux prix du « jeune espoir» par la Fondation James Beard, décoration qui n’impressionne pas outre mesure les autochtones mais continue à faire affluer en masse les becs fins venus d’ailleurs. Dommage, cependant, que la notoriété et le succès soient montés à la tête des

chefs Rickey et Stubbs; écueil classique s’il en est. Comme s’ils cherchaient le beurre et l’argent du beurre, les deux compères font du gringue aux gastronomes de passage, tout en prétendant revendiquer leurs racines. Résultat des courses: une carte

manquant complètement de cohérence qui fleure à plein nez le coup de pub éhonté. Le poisson-chat en croûte de pécan nappé de beurre blanc ne s’accoquine que très timidement avec le jarret de porc flambé à la grappa accompagné de haricots

pinto. Les tomates créoles aromatisées à la tequila rivalisent d’efforts avec les sardines marinées au Galliano (un poisson tout juste bon à nourrir les chats, si vous voulez l’avis, pédant au possible, du gastronome qui vous parle) pour s’attirer les faveurs des mangeurs.

Alcool serait-il un restaurant où l’on sert de la nourriture contemporaine de Louisiane?Serait-ce encore un de ces établissements où les traditions culinaires françaises et italiennes s’entremêlent avec les gastronomies fantasmées de pays du Vieux Monde,

sans aucun souci d’exactitude ni de palatabilité, par des chefs n’en ayant qu’une vague connaissance ?

À vous d’en décider puisque les patrons, eux, n’y parviennent pas. De nos jours, on dirait bien que le terme «éclectique» se cuisine à toutes les sauces, à tel point qu’il est devenu une forme contractée de: «Je n’ai aucune idée de ce que je fais».

Mais tant qu’ils le font avec allure...


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Passerelle gourmande ❤︎



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