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  • Photo du rédacteurMarie-Line Musset

Cadences infernales 🍴🍴🍴

Stéphane Larue – Le Plongeur– Le Quartanier - 2019


Ceux qui imaginent explorer l'univers du Commandant Cousteau, passez votre chemin !

Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste.

Il est intelligent, bosseur et attachant, mais son addiction au jeu va dynamiter sa vie. Depuis des mois, il est aspiré par la spirale du mensonge. Tout son argent y est passé, celui de Marie-Lou, sa copine et de son cousin Malik aussi. L'hiver est là et il se retrouve totalement démuni, sans logement. Nous assistons, impuissants, à sa descente aux enfers. Il devient plongeur au restaurant La Trattoria. Dès le premier soir, il mesure la cadence infernale du rush. Ses mains sont occupées, ses pensées aspirées par le siphon du bac à plonge. L'univers de la restauration va l'éloigner des démons du jeu, rédemption en vue ?


Stéphane Larue part de sa propre expérience pour décrire ici les coulisses d'un restaurant de Montréal. Une histoire nocturne dans laquelle grouille et transpire une galerie mouvante de personnages. On braille, on s'insulte, ça sent le graillon, la crasse qui s'accroche pendant ces longues transes sous emprise. Le lecteur est au coeur de l'action, lui aussi à bout de souffle. Car au fil des pages, point de répit dans ce rythme effréné sur fond de musique Métal. J'ai été happée dès les premières pages malgré la difficulté passagère du vocabulaire québécois. Ça se lit comme un thriller, on a du mal à abandonner tous ces personnages truculents. Un récit d'une rare justesse sur les coulisses de la restauration, un roman profond, obscur et addictif.


Heureuse initiative d'avoir repris la typo gothique pour l'affiche du film qui sort ce 3 janvier 2024. (Bande annonce en cliquant sur l'image)


Extraits :

La serveuse s’est arrêtée au seuil d’une pièce dont les étagères étaient encombrées de vaisselle. Ça devait être la plonge. C’était une pièce relativement grande, dix pieds par vingt pieds, peut-être. Du côté gauche, on avait entreposé la vaisselle propre. Du côté droit, la sale. Au centre, c’était un champ de bataille où gisaient les vestiges du service du midi. Sur une étagère crasseuse en métal haute et large s’entassaient des piles d’assiettes maculées, des chaudrons recouverts de sauce tomate cramée dans lesquels on avait laissé des louches tordues ou des pinces enduites de couches indifférenciées de jus, des récipients au fond desquels croupissaient des légumes en juliennes molasses ou des restes visqueux de marinade, des plaques de cuisson couvertes de gras et de lambeaux de peau de poulet calcinée.


Des mains marquées par vingt ans de cuisine, par les brûlures quotidiennes, le couteau à coquillage qui glisse et se plante dans la paume, les mauvais coups de lame qui retranchent les bouts de doigt, par les milliers de shifts passés à écosser, éplucher, émincer, touiller, éviscérer, désosser, hacher, par les manipulations répétitives et interminables des aliments crus ou en train de cuire, par l’infinie succession des poêlons, par le récurage des comptoirs en stainless et des ronds de poêle en fonte à l’aide de laines d’acier et de dégraisseurs aussi abrasifs que du solvant.


Prix des Libraires du Québec 2017

Prix Senghor 2017

Prix des lecteurs et prix des lycéens de Vincennes 2018


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Passerelle gourmande ❤︎❤︎❤︎

The Bear, les emmerdes au maximum. Dans cette série magnifiquement interprétée, on s'imprègne là aussi de l'ambiance d'arrière boutique... ce n'est pas toujours réjouissant !

On ajoute une bonne dose de pathos familial, un régal...

(Bande annonce en cliquant sur l'image)








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